Corinne et Sophie veulent se marier, devant M. Le Maire (et non pas le "père" !). Elles s'aiment et veulent être Madame, du nom de la compagne. D'autres lesbiennes, des gays, veulent, comme dans d'autres pays, s'engager dans une telle voie. Le Conseil Constitutionnel examine leur demande. Le mariage est un engagement contractuel chargé de symbole. Il représente par excellence l'Heterosexualité sous domination mâle, dans la perspective de la génération des enfants et de l'héritage. De ce point de vue, le contrat PACS offre déjà des droits, et un testament permet de compléter cet engagement. Si le mariage devient possible en France pour des personnes du même sexe, les mentalités continueront certes d'évoluer, mais n'empêcheront pas les hétéros normatifs de continuer à penser et à dire que de tels couples, femme-femme, homme-homme, ne sont pas comme les autres. Et les enfants à l'école continueront d'entendre et de subir des moqueries. L'évolution intellectuelle des mentalités aura besoin d'autres forces de conviction pour que ces unions soient admises, respectées, et même appréciées sans peur ni fantasme. C'est que, entre le mâle du couple hétéro et la femme lesbienne, il y a une "concurrence" : l'autre femme ! Pour dépasser cette concurrence, il faudrait qu'une mentalité nouvelle jaillisse et envisage la relation sans la propriété absolue, de toute façon remise en cause avec le temps (la séparation, le divorce, la mort). Et il faudrait envisager aussi une forme de "sanctification", ou de valorisation solennelle des unions qui récuse une telle symbolique d'appropriation fermée (le mariage !) pour célébrer des relations d'Ouverture.
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