C'est ici ! et ici chez Amazon
L'artiste, ses modèles, ses assistantes et assistants sont tous remerciés, vivement, éternellement.
C'est ici ! et ici chez Amazon
L'artiste, ses modèles, ses assistantes et assistants sont tous remerciés, vivement, éternellement.
Rédigé à 18:32 dans Actualité, l'amour lesbien, Les livres, Livres, Photographie, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
1 - Les Editions Tabou ont publié "Jeux de filles" et "GladyS&Monique". Ces albums appartiennent économiquement à la catégorie des BD, par le format, les vignettes, mais un regard un peu sérieux sur ces albums trouve des vignettes-tableaux. Nous sommes parfois plus proches d'une peinture que d'une vignette d'album. Qu'est-ce qui, dans l'éducation de votre regard, vous a, dans les différents domaines de la peinture, de la bande dessinée, de la photographie, le plus appris sur les formes et leurs représentations ?
Juan Jose RyP : Je suis très content que tu apprécies et considères mon travail avec un oeil aussi artistique. Je ne suis pas certain d’être à 100% d’accord, mais c’est toujours agréable de savoir que son travail plaît. ;) Voyons un peu… Un jour, je me suis rendu compte que ce qui me plaisait vraiment dans la vie, c'était m’exprimer graphiquement. J’ai donc décidé de devenir dessinateur avec l'obsession de savoir un jour raconter des histoires. À partir de ce moment-là, j'ai bu à toutes les sources : peinture, littérature (Beaucoup… vraiment beaucoup de littérature), ciné (pas mal de ciné), bande dessinée (tous genres confondus : comics US, manga, romans graphiques, etc.)... C'est une façon de se nourrir et cela influence, comme aucun autre medium ne peut le faire, la façon de raconter des histoires et donc de faire de la bande dessinée.
2 - Ces deux albums proposent de courtes histoires, à la manière des nouvelles, avec des héroïnes lesbiennes ou bisexuelles. Je pense que ce n'est pas la peine de vous demander pourquoi vous appréciez tant l'esthétique lesbienne, mais par contre, quelle culture personnelle avez-vous sur le sujet ? Vous visitez des sites de culture lesbienne ? Vous regardez des films et si oui, parmi ceux que vous avez regardé et apprécié, lesquels vous paraissent inoubliables ? La question concerne autant les films de grande diffusion que les films pour adultes.
Juan Jose RyP : Humm… en partie, oui. Ces deux albums sont constitués d'histoires courtes auto-conclusives. Elles ont été dessinées pour être publiées dans un magazine mensuel espagnol, "Wet Comix", et du coup chaque histoire correspond à un numéro du magazine. Pour des raisons éditoriales, chaque histoire devait avoir un début et une fin pour tenir dans un seul numéro, mais il leur fallait également un fil conducteur pour permettre une future compilation en albums. En France, Tabou Editions n’ayant pas les mêmes besoins éditoriaux, les histoires ont directement été publiées en deux albums et ont gagnésdes couleurs pour l'occasion."Jeux de Filles" et "GladyS&Monique" ont été mes premières incursions dans le monde de la bande dessinée professionnelle et à cette époque –il y a maintenant 13 ans je n'avais pas encore internet et mes connaissances sur la culture lesbienne étaient donc plutôt intuitives. Pour être honnête, j’ai toujours été surpris –agréablement, évidemment– que mes histoires parviennent à plaire à un public lesbien car c'était un monde que je ne connaissais quasiment pas et le public du magazine était clairement labellisé « homme-hétéro ». Aussi toucher un lectorat lesbien a été un réel honneur pour moi, un cadeau auquel je ne m'attendais pas ! Encore aujourd'hui, à chaque fois qu'une femme ou un couple de femmes me demande de leur dédicacer l'un de mes albums, cela me produit une émotion toute particulière. Je crois, et pardonne-moi si j'offense qui que ce soit par mon ignorance, que parvenir à intéresser et plaire au public lesbien est une tâche difficile, en particulier pour moi, de par mon ignorance une fois de plus. Mais bon, comme je te l'ai dit, y être parvenu est pour moi une réussite qui m'offre une certaine fierté.
3 - Les héroïnes, comme Gladys et Monique, mais aussi Clio et Clara, Laura et Marta, sont très typées : occidentales, grandes, magnifiques... ? Pour les lesbiennes du monde entier (noires, asiatiques, ...), est-ce que vous pensez faire un album rainbow, mélangeant les couleurs ?
Juan Jose RyP : Ooops ! Figure-toi que je n’y avais jamais pensé ! Tu as tout à fait raison, elles sont toutes typées occidentales… Ce n’était vraiment pas un choix de départ, mais il est vrai qu’elles appartiennent à un canon esthétique « classique » de la beauté occidentale. En y réfléchissant, je suppose que si je devais les redessiner, j’aurais une approche différente… à voir !
4 - Est-ce que vous pensez réaliser un album avec des héroïnes lesbiennes sur la base d'une histoire unique, à l'instar d'un film ?
Juan Jose RyP : En France, sera publié chez Tabou BD (collection BD de Tabou Editions), dans les prochains mois, l’album "Ignominia", une histoire longue, toujours dans un univers lesbien. J’espère qu’elle bénéficiera également d'un bon retour car je l’ai particulièrement soignée et elle est sans conteste mon travail préféré sur l'ensemble de ma production dans le genre érotique. L’histoire est peut-être plus difficile à s’approprier parce que la fantasy et la SF y prennent une place très importante, mais cela m’a donné l’opportunité de travailler sur d’autres aspects de l’érotisme et grâce à sa centaine de pages, de développer davantage l’histoire, les personnages… J’espère que ça plaira.
5 - Et si vous pouviez réaliser un film inspiré de vos planches, par exemple en associant images réalistes et personnages de BD ? Est-ce que travailler avec d'autres créateurs, auteurs, photographes, cinéastes, modèles, est envisageable pour vous ?
Juan Jose RyP : Un film ? Ce serait clairement génial ! Figure-toi que l’une des œuvres sur lesquelles j’ai travaillé comme dessinateur, "Black Summer", va être adaptée au cinéma - en tout cas, un contrat a été signé ! – mais malheureusement je ne pense pas que je serai convié à y participer sachant que ce sont le scénariste (Warren Ellis) et l’éditeur américain (Avatar Press) qui sont propriétaires des droits, et tu sais comment fonctionne ce genre de choses... Mais bon, ce sera tout de même incroyable de voir cet album en chair et en os, de voir des personnages réels que j’ai créés à partir d’une feuille blanche, mais pour être sincère, mon truc à moi, ce qui me plaît, ce que je sais faire –du moins ce que je crois savoir faire– c’est dessiner des comics ou de la bande dessinée. Tout le reste, ce sont des anecdotes sympas. C’est gratifiant et ça me plaît, mais ce que je veux réellement, c’est continuer à dessiner de la bande dessinée.
6 – Travaillez-vous sur un nouvel album lesbien ?
Juan Jose RyP : Comme je te l’ai dit précédemment, les bandes dessinées que Tabou publie font partie de mes premiers travaux professionnels et cela fait maintenant neuf ans que je ne travaille quasiment que pour des maisons d’édition nord-américaines –j'ai commencé avec Avatar Press et Image Comics… puis aujourd’hui Marvel– lesquelles ont un rythme de production effréné et me laissent peu de temps pour autre chose. Et les comics produits par ces mêmes maisons ne sont pas, comme tu peux l’imaginer, vraiment liés au genre lesbien. Mais il y a un scénario à moitié écrit au fond d’un carton… qui peut-être… un jour… si je trouve le temps… On verra bien ! Mille mercis pour avoir lu mes albums, Milan, et pour les avoir trouvés suffisamment intéressants pour te donner envie de m’interviewer. Mille mercis également à Tabou Editions et à Thierry Play pour les avoir édités et adaptés avec tant de soin et d’amour et à mK pour la traduction (je t’en dois une !) Un grand merci à tous en espérant vous croiser un jour au coin d’une table de dédicace.
Juan Jose RyP
Rédigé à 13:07 dans Actualité, l'amour lesbien, Les livres, Les personnalités, Les sites Internet, Livres, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
"Après l’étude du genre (sexuel), les familles homoparentales font leur entrée dans les programmes scolaires. Craignant que cela ne déclenche encore une fois les foudres conservatrices, le ministère de l’Education nationale a tenu hier à minimiser la nouveauté, précisant qu’il ne s’agissait que d’«un exemple» n’impliquant «aucune reconnaissance légale». Avancée. Il n’empêche : c’est une première dans les manuels français, et cela constitue une incontestable avancée pour le combat de ces familles. Seule une partie des élèves sera concernée à la rentrée prochaine : les lycéens de terminale littéraire qui choisiront l’option «Droits et enjeux du monde contemporain»,incluse dans la réforme de la terminale qui entre en vigueur en 2012. Dans le programme publié dans le Bulletin officiel spécial du 13 octobre, il est indiqué que, dans le chapitre sur «Les sujets du droit», les lycéens étudieront, entre autres, «l’évolution de la famille» : «Après avoir constaté l’absence de définition de la famille, indique le texte, on montrera, par une analyse juridique et historique, qu’elle a profondément évolué et qu’elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire, élargie) et on proposera aux élèves d’en chercher une définition.»
Rédigé à 14:57 dans Actualité, l'amour lesbien, Le droit, Les débats, Lesbophobiefolie, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
"«Il n’y a rien de plus délicat que de s’expliquer sur les Femmes. Quand un homme parle à leur avantage, l’on imagine aussitôt que c’est par galanterie ou par amour.» L’homme qui «parle à leur avantage» est un ancien prêtre. «Magister artium» à la Sorbonne et «bachelier» en théologie, il a été affecté à une petite cure du diocèse de Laon. Mais, découvrant la philosophie de Descartes, il soumet bientôt la foi catholique à la raison, se convertit au protestantisme, puis, fuyant l’ire de l’Eglise, se réfugie en Suisse, et enseigne au Collège de Genève. C’est en 1673 que, sans signature, il publie chez Jean Du Puis, à Lyon, De l’égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés. Il craint à juste titre que son propos ne soit pris pour flatterie envers la gente féminine, car, tel quel - véritable traité de philogynie - il est irrecevable : qui pourrait entendre, au XVIIe siècle, que l’inégalité entre les hommes et les femmes n’a rien de naturel mais est toute culturelle, qu’elle relève du préjugé le plus profondément enraciné, chez «ceux qui ont de l’étude et ceux qui n’en ont pas», chez «les Femmes même» ? De fait, personne ne prêtera oreille à ses thèses - sauf, plus tard, quelques hérauts de la Révolution française, qui ne sauront d’ailleurs que rarement les lui attribuer. Certes De l’égalité entre les deux sexes est rapidement traduit en Angleterre, puis en Hollande, on le trouve dans certaines bibliothèques italiennes ou allemandes, mais il ne suscite aucun écho, n’ébrèche en rien les discours moraux, médicaux, théologiques, juridiques qui posent la femme inférieure, trop «animale» ou trop sentimentale, incapable d’atteindre les sphères de la spéculation, captatrice, tentatrice, potentiellement dangereuse.
Rédigé à 11:39 dans Actualité, Les personnalités, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
L'album est grand, d'une très grande qualité d'impression. De 60 pages environ, "Jeux de filles" propose quelques courtes histoires. Ce sont les Editions Tabou qui le publient.
Rédigé à 09:18 dans Actualité, l'amour lesbien, Les sites Internet, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
C'est un concours de WeLoveWords
Synopsis
Alors que les révolutions arabes font disparaître tous les régimes au sein desquels la CIA avait des espions, l'agence de Langley est confrontée à la retraite de Malko Linge. En Libye, le renard du désert Khadafi est menacé par une coalition, et semble décider pour terminer en beauté de punir les puissances occidentales en offrant tous ses secrets, son trésor de guerre et ses armes à la Corée du Nord, à l'Iran et à Al-Qaeda. Mais personne ne peut approcher le dictateur qui a disparu. Malko Linge recommande à la CIA d'envoyer une jeune femme qui ressemble à l'une des amazones, garde-du-corps de Kadhafi, et leur présente sa jeune nièce, Celestange Linge. Après une opération de chirurgie esthétique aux effets provisoires, la jeune recrue formée par Malko est envoyée en Suisse à la rencontre de la Comtesse Amelia Von Hollenzollern, une milliardaire amie de Kadhafi. Elle devient son amante et ensemble elles partent en Libye. Elles découvrent que le dictateur n'a jamais pardonné aux Occidentaux la mort de sa fille adoptive, et a lancé depuis plusieurs années un programme secret souterrain sur des dizaines de kilomètres au sein duquel il a fait préparer de nouvelles armes, et des kamikazes. Un soir, elle croit même entrevoir Oussama Ben Laden. Enfermée dans ce gigantesque complexe, Celestange Linge se cherche des alliés. Elle doit éliminer Kadhafi, mais avec quels armes et à quelle occasion ? Et peut-elle avoir confiance dans la belle Zafira dont elle tombe amoureuse ? Et pourquoi la Comtesse a disparu ?
L'Héroïne :
Elle est née en Autriche, d'un père franco-anglais et d'une mère austro-mexicaine. Son père a disparu dans des conditions mystérieuses au cours d'un soi-disant voyage culturel en Iran. Sa mère l'a élevée, seule, en ayant de nombreux amants, et l'a placée à l'adolescence dans une institution suisse pour jeunes filles de bonnes familles. Elle a suivi des études de droit avant d'être intégrée à Interpol. C'est seulement à 20 ans qu'elle a fait la connaissance de son oncle, Malko Linge, dont elle est tombée amoureuse. Mais l'agent de la CIA, respectueux des règles de famille, a repoussé les avances de sa nièce, et a décidé de la former aux dangers du métier d'agent secret pour lui succéder. Elle a 25 ans, elle mesure 1mètre 80, comme son oncle. Elle a de beaux yeux verts clairs, une crinière auburn, une bouche naturellement pulpeuse, un nez légèrement aquilin, des sourcils fins et une dentition de carnassière, avec une peau de pèche. Elle est svelte et musclée, parce qu'elle aime faire de la musculation, comme de l'aïkido, parce qu'elle préfère ne pas avoir à tuer. Elle est une jeune femme moderne, bisexuelle, mais de préférence lesbienne. Dans la première aventure, elle devient l'amante de la Comtesse Amelia Von Hollenzollern. Son oncle lui a raconté quelques unes de ses aventures et lui a avoué qu'elles avaient été l'occasion de rencontrer des femmes magnifiques dont il était devenu le valeureux amant. Celestange a aussi décidé de suivre les pas de son oncle légendaire sur cette voie de séduction. Pendant la période d'entraînement que Malko Linge lui a fait suivre, elle a eu l'occasion de tuer un homme, le chef d'une mafia albanaise qui enlève des femmes pour les violer et les contraindre à se prostituer. Face au cadavre de ce criminel, elle a savouré le sentiment d'avoir été l'instrument d'une justice expéditive, mais elle se demande si elle pourra ainsi tuer à chaque fois que cela sera nécessaire.
Début de la scène d'action :
Celestange n'en revenait toujours pas. Le guide de la Révolution avait réussi le tour de force de faire construire dans les profondeurs de la terre lybienne un complexe qui faisait penser trait pour trait aux immenses mondes secrets du «Spectre» dans les livres de Ian Fleming. Elle se demandait si le renard du désert s'était inspiré de ces livres mondialement connus ou des films tout aussi connus. Et dire que ces supérieurs semblaient tout ignorer d'un tel complexe ! Dans quelques minutes, Zafira lui avait assuré : Kadhafi allait venir et (…)
Début de la scène érotique :
Quand la porte s'était ouverte sur la Comtesse et sur elle, elles se figèrent et se tournèrent vers elles. Elles rièrent de les voir, et se levèrent pour venir les saluer. La Comtesse leur tendit son bras gauche, et chacune vint poser un baiser insistant sur sa main, en la regardant avec des yeux énamourés. La Comtesse prit le bras gauche de Celestange et l'offrit à ses jeunes nymphes. Elles lui offrirent chacune un baiser, mais en lui consacrant quelques secondes de plus, toujours les yeux dans les yeux. L'invitée était honorée, et elles lui promettaient beaucoup de leurs regards. Celestange en avait compté treize. Une fois qu'elles eussent fini de lui exprimer leur plaisir de la recevoir dans l'antre, elles retournèrent sur le grand tapis, en se blottissant les unes contre les autres, et en gardant le silence. Celle-ci prit la main embrassée de Celestange et la conduisit vers une large banquette pourpre. Elle la fit asseoir. Elle se tourna vers ses protégées et se dirigea vers elle, en disant :
L'ensemble est à lire ici, et à soutenir si vous le souhaitez.
Pour voter, il faut donner une adresse mail, en plus de cliquer sur les coeurs
Rédigé à 14:29 dans Actualité, l'amour lesbien, Les sites Internet, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
Virginie Despentes vient d'obtenir un "prix". Ce genre de "reconnaissance littéraire" permet de vendre plus d'exemplaires d'un livre, mais quant à sa valeur, encore faut-il reconnaître la reconnaissance - et, étant donné ce qu'est l'économie de l'édition, les réseaux parisiens, le fait de distinguer un livre parmi d'autres permet de faire de la publicité aux livres, et comme il y a des professionnels de la profession qui en vivent... Dans ce petit milieu, Virginie Despentes reste singulière : par son oeuvre, par son parcours, par ses propos, et par sa vie, désormais "outée", lesbienne épanouie. "Apocalypse Bébé" n'est pas facile à aimer - dans son titre. Importer un terme aussi lourdement chargé, référence d'un christianisme manichéen délirant, ce n'est pas très compréhensible, mais le sens peut être grec - la "révélation" de ce qui est... Dans un tel roman, Despentes fait du lesbianisme un fait, et le héros-éros, mais, effet conjugué de ce parisianisme porté au cynisme comme du butchisme, une des principales protagonistes est appelée "la Hyène", femme "virile". Tropisme qui ne doit pas laisser croire qu'une telle "virilité", en fait qu'un tel dynamisme vital, ne puissent caractériser une lesbienne lipstick. Mais qu'importe, il faut bien attribuer des caractéristiques à des personnages qui ne peuvent jamais représenter l'humanité entière, remarquablement diverse. Les héroïnes passent de la France naphtalinée à Barcelone, la ville-rainbow (hommage soit rendu à celles et ceux qui sont allés s'embrasser au passage d'un homme-femme inverti). A Barcelone, Despentes a réellement rencontré des femmes qui font du "porno lesbien", elle les a interviewées, à voir et entendre dans le DVD "Mutantes". Dans un entretien donné à Tetue, elle déclare : "Je voulais vite arriver à l'Espagne avec les Barcelonaises et parler d'Émilie Jouvet, le Queer X Show, je trouve ça super bien, c'est donc pas du tout un truc qui s'est éteint à la fin des années 1980. La post-pornographie, ça circule partout aujourd'hui: c'est au pays Basque, à Lubiana, à Berlin. C'est un manifeste pour les lesbiennes. Dans le post-porn, les gens bossent sur des trucs vachement différents les uns des autres, c'est cool, y a pas de problème d'uniformité. Tristan Taormino, par exemple, est queer depuis toujours et bosse sur des trucs plutôt préventifs vachement bien faits. Le porno, quand tu vois les réactions que ça suscite, c'est clair que c'est un terrain de résistance. Depuis Baise-moi, en France, y a plus eu ce genre de film parce que la loi a parlé très fort, très clairement. Et qu'il faut faire plus de travail sur le sexe pour le sortir du porno. Y a plus de boulot de ce genre-là. À la base, j'adore les films de violence, mais quand tu ne peux pas représenter le sexe, et qu'en violence, tu peux tout te permettre, y a un problème. Et que, du coup, on se retrouve avec des comédies, des comédies, des comédies, y a peut-être autre chose à faire dans le cinéma, et je pense que le porno, c'est un front de résistance important pour le féminisme, quand même. Pas le seul -le porno va rien faire pour les sans-papiers-, mais c'en est un. Et surtout, quand c'est du porno fait par des femmes.
Ton livre King Kong Theory s'adressait plus à toutes les femmes. Ici, tu as fait un documentaire de l'intérieur du monde lesbien et pour les lesbiennes?
Oui c'est plus ce que j'ai voulu faire, un film pour les lesbiennes, je trouve ça bien, le truc qui me frappe le plus pour moi qui devient lesbienne à 35 ans, c'est incroyable, c'est que tu peux voir tous les films lesbiens en un an sans te forcer. La pornographie lesbienne, en trois mois, t'as tout vu. C'est cool. Si les gouines peuvent sortir contentes et les hétéros en se posant quelques questions, pour moi c'est une très bonne chose, car, putain, on n'est pas inondées!"
Réduction ad ego : le "porno lesbien" serait quantitativement mineure, même s'il est qualitativement supérieure, mais ce que Virginie Despentes appelle "le porno lesbien" se réduit à ce que des européennes, françaises comme Emily Jouvet, barcelonaises ou allemandes, créent - les autres n'existent pas, et, DU COUP, elle croit pouvoir conclure que le "porno lesbien", c'est si peu "qu'on n'est pas inondées" ! Sans doute "le porno lesbien", américain, est-il trop "commercial" ou si peu "butch" (enfin, ca dépend lequel !), qu'il n'existe pas ou ne doit pas exister ! Sweetheartvideo de Nica Noelle ? Girlfriends films ? Pas assez "avant garde", "conceptuel", et pas assez "violent" ? ! Mais le pire n'est-il pas de parler de "porno lesbien" ? Car le terme même de "porno" vient des mâles qui ont fixé le sens et les limites de cette "représentation". Dans son sein, si l'on peut dire, ce qui est "lesbien" ne coupe t-il pas radicalement avec ses racines mâles, machistes ET violentes ? Sur le site d'Arrêt sur Images, ce sujet fait débat, ici, suite à la publication d'un texte de Benjamin Wolff, spécialiste universitaire du sujet.
Sur le sujet, deux extraits de mon essai, "Les Lesbiennes, ces Fleurs du Bien" :
"Dans ce genre cinématographique, le film lesbien occupe une place entière et originale. Car là encore, dans son ensemble, l'industrie du film des relations sexuelles et sensuelles est dirigée et dominée par des mâles, des mâles qui apprécient voir et entendre que, dans ces relations, d'autres mâles donnent le là, et, avec le film lesbien, ce pouvoir, extrêmement concret, des mâles, est, sur leur terrain, contredit. Avec l'apparition des magnétoscopes et des cassettes vidéos, cette industrie a pris son essor – au point que ses recettes actuelles dépassent celles du cinéma prétendument officiel et authentique -, même si, aujourd'hui, les cassettes ont disparu, pour être remplacées par les DVD, et, bientôt, les films numériques, téléchargés sur Internet. Des entreprises internationalement méconnues font des fortunes sur «la mécanique du sexe», et, dans cette représentation, le mâle-roi est autant le bénéficiaire des revenus de l'entreprise que l'acteur-star dont les prouesses tiennent dans sa capacité priapique, les extases de ses partenaires, la longueur de son instrument. Malgré cette perpétuation de la domination politique et économique des mâles dans la dite représentation, un sous-secteur est spécifiquement consacré aux lesbiennes. Là encore, la plupart des réalisateurs-producteurs sont des mâles, avec des perspectives de mâles, même s'il existe des exceptions qui confirment la règle. Par exemple, Viv Thomas (10), réalisateur d'origine sud-africaine, réalise des films lesbiens comme la série des Pink Velvet (11), Butterfly (12), etc. Les «actrices», pour la plupart, d'origine hongroise ou tchèque, correspondent au canon esthétique moderne : grandes, musclées, avec un beau visage, souvent avec des longs cheveux, elles sont belles, elles le savent, et elles se plaisent, à elles-mêmes et les unes avec les autres. Dans le film pornographique classique, les lesbiennes sont et font, comme les autres acteurs du cinéma X, elles «baisent», et surtout, elles le font avec une grande avidité, avec des mots crus, avec une forme de quasi-violence, lorsqu'elles s'embrassent. Avec Viv Thomas, la «vraie vie» lesbienne commence d'advenir à l'image. Dans les scènes, les actrices prennent le temps de se parler, de se toucher, de s'embrasser, dans de longs «préliminaires», qu'il ne faudrait même pas qualifier comme tels, puisqu'ils ne précédent pas ce qui, mécaniquement et nécessairement, doit s'ensuivre, les moments des relations «sexuelles», dans la mesure où ils constituent une fin en soi pour le désir. Car «faire-l'amour», c'est continuer à se toucher et à se caresser, mais autrement que pendant ces premiers instants, ces premiers moments (cf. notre chapitre «Une philosophie lesbienne ?»). Dans les films où les mâles interviennent et même sont les maîtres des relations, ces premiers instants sont presque éliminés, ce qui constitue toutefois une représentation assez fidèle du comportement et du désir des mâles dans la vraie vie. Il n'y avait donc aucune raison que les films lesbiens les imitent, dans la mesure où les femmes, entre elles, ne vivent et ne procèdent pas ainsi, dans la mesure où les femmes, lorsqu'elles «baisent», entre elles, peuvent faire l'amour pendant des heures, comme l'affirme d'une manière fière et heureuse Felice Newman, dans «Les plaisirs de l'amour lesbien» (13). Et c'est bien ce que révèle les films de Viv Thomas : une scène d'amour lesbien peut durer, durer...., les baisers sont, comme l'a écrit Baudelaire «languissants ou joyeux, Chauds comme les soleils, frais comme les pastèques» et constituent un moment érotique fondamental, une finalité en soi; et une fois qu'un moment amoureux et érotique se termine, elles peuvent recommencer, autrement. La compagnie Girlfriends Films s'attache à réaliser des films les plus lesbiens possibles : réalisatrices féminines, comme Elexis (14) ou Nica Noelle (15), actrices lesbiennes ou qui se consacrent exclusivement au lesbianisme représenté, situations proches de la vie, narrations avec prise de parole et échanges entre les amantes, longues durées des séquences, etc. Cette compagnie propose plusieurs séries de films, «Women seeking women», «Lesbian seductions», etc, pendant lesquels les scènes entre deux actrices peuvent durer une heure, et au cours desquelles elles alternent avec une fougue et une passion naturelles pour l'être-féminin qu'elles aiment, en elles-mêmes et à travers leurs partenaires, les moments tendres avec une flamme extatique impressionnante. De plus en plus des lesbiennes qui vivent aux Etats-Unis créent leur propre label cinématographique, afin de réaliser des films érotiques lesbiens qui ne caricaturent pas, ne trahissent pas le désir lesbien, et c'est ce que Kathryn Annelle a d'ores et déjà réussi avec sa compagnie Triangles Films (16), sa série «Lesbian tutors», ou encore Sydni Ellis avec Sweetheardvideo (17), sa nouvelle compagnie. Avec ces femmes qui travaillent, réussissent économiquement, en prenant plaisir à se montrer nues, à être avec d'autres femmes et à faire l'amour ensemble, les plaisirs de l'amour lesbien se révèlent dans leurs richesses, leurs nuances, leur mélange unique de douceurs et de force frénétique. Ces femmes qui se mettent à nues, les unes avec les autres, ne contribuent pas à diffuser des «films pornographiques», parce que l'amour lesbien est, par excellence, la recherche et l'accomplissement d'une dévotion au Bien et d'un souci concret de l'Autre dont les espaces et les échanges publics sont peu capables et assez désertés, parce que ces femmes, souvent elles-mêmes lesbiennes, ne sont pas soupçonnables de se soumettre aux diktats érotiques et économiques des mâles dominants. Ce sont des femmes qui ont ouvert les yeux sur l'absolue beauté de leur amour lesbien et veulent vous ouvrir les yeux sur celui-ci, y compris les lesbiennes féministes qui utilisent les catégories sémantiques, politiques et économiques des mâles dominants en distinguant ce qui serait du ressort de la «pornographie» de ce qui serait le noble cinéma. Le champ des possibles de la représentation de l'être-lesbien est, comme à aucune autre époque, explorée et élargie par des réalisatrices militantes pour qui, une fois pour toutes, la représentation du désir et des relations sensuelles est belle et bonne, et même nécessaire, et exige, en raison de sa vérité et de sa beauté, un effort narratif, descriptif et représentatif qui assure à cette vie d'être, comme jamais, vue et entendue, et, en Europe, ces créatrices s'appellent Petra Joy (18), de Maria Beatty, la productrice et réalisatrice de «Bleu Production» (19), ou Erika Lust (20). Dans leurs films, le corps et l'âme des femmes donne de la voix : du et des plaisirs, il s'agit de montrer, de faire voir et de faire entendre que, dans le rapport, la proximité de l'une avec l'autre, la joie d'exister peut atteindre des proportions remarquables. Le site Twilightwomen (21) propose des films à télécharger remarquables et spécifiques, car, pour la première fois, le sujet sur lequel se focalise les actrices (amateurs) et les réalisateurs est le désir qui naît. «Il faut donner du temps au temps», et c’est ce qui se passe dans ces films où les femmes prennent le temps de se regarder, de se toucher, de se déshabiller, de se caresser… Le cinéma lesbien, comme le cinéma tout court, n’est pas derrière nous, mais devant nous, grâce à la démocratisation des moyens techniques, leurs améliorations, l’usage mondial d’Internet, et le besoin des corps-et-âmes de ce vaste monde de voir des films lesbiens qui soient représentatifs et fidèles de la beauté de cet amour, tendre et « sexuel» aussi. (...) Par corps-relatif, que voulons-nous désigner ? Dans sa constitution sexuée, la relation à un autre que lui-même est à priori, fondatrice, et dans la vie même, décisive, par son activité organo-symbolique, par son rythme même. Selon les réducteurs de la vie au Tout-Nature, cet autre est nécessairement hétérogène, et donc masculin, et ce prétendu «bon sens» sert habituellement les chantres des sectes religieuses pour qui «l'homme» et «la femme» seraient naturellement-et-divinement fait l'un pour l'autre, comme le cheval et la jument, etc. Or, cette obligation de nécessité n'est valable que dans la mesure où la femme vit avec sa constitution sexuée en acceptant et en se soumettant à la loi de la reproduction, pour laquelle le mâle est absolument nécessaire (mais désormais relativement nécessaire). Dès lors que le corps extatique est consciemment déconnecté de la finalité de la reproduction, la relation sensualo-sexuelle devient naturellement ouverte. Ce corps-relatif cumule donc les relations sensualo-sexuelles, les relations mentalo-sexuelles, symbolico-sexuelles, avec, au cœur de son système, la reproduction ou la non-reproduction. Celle-ci, par sa mobilisation générale du corps féminin, l'occupe, dans l'espace et dans le temps au point de retirer la matrice des autres relations. Sa durée ne lui permet pas de multiplier au-delà de la dizaine le nombre d'enfantements. La femme devient mère dans sa nouvelle relation avec l'enfant nouveau-né, et elle peut ainsi vivre plusieurs fois l'expérience de l'enfantement et la genèse de nouvelles relations. Mais dès lors qu'elle ne peut ou ne veut instrumentaliser dans une telle finalité cette relativité générale qui définit sa constitution sexuée, rien ne l'oblige, ni dans une Table des Lois inexistante, ni dans un intérêt sanitaire révélé par la science biologique, à préférer vivre et aller dans le sens de l'imitation animale, auprès d'un mâle. L'évènement que constitue sa détermination et sa constitution sexuées n'induit pas une autre contrainte organique qui contraindrait une femme à la préférence pour le mâle. Cet événement qui la définit et lui appartient en tant que tel est ouvert pour une interprétationpersonnelle, spécifiquement humaine, et, lorsque la jeune fille, puis la jeune femme, puis la femme, devient lesbienne, cette interprétation inclut une perception sympathique de sa propre constitution, un intérêt pour celle des autres femmes, un plaisir à priori d'être une femme et d'être avec une femme. Ce corps-relatif peut choisir l'objet de prédilection de sa relation quotidienne, ce pouvoir est un droit puisque l'orientation volontaire du corps-relatif par son sujet vivant est physiquement dépendant des choix de ce sujet, parce que cette orientation conduit ce sujet à des satisfactions qu'il ou elle attend. Mais le fondement de ce droit ne réside pas seulement dans les possibilités du sujet et de son corps-relatif, mais également dans celles de la femme avec laquelle elle engage une relation. En effet, c'est la volonté et l'acceptation de et par l'autre qui donnent le fondement du droit de, d'être et de faire avec. Enfin, dans la mesure même où ce corps-relatif est un corps-extatique, une femme a le droit de considérer que le sujet le mieux adapté à cette expression extatique, le plus qualifié pour la conduire dans cette voie extatique, est une autre femme, comme elle, autrement qu'elle. Pour commencer d'en finir avec les critères et les jugements chrétiens comme sectaires et manichéens, il est indispensable d'aller plus loin que ce que montre le visible, visible qui lie mais qui sépare «le» sexe de la conscience. Car si la conscience peut, de manière occultée, de manière «philosophique», comme de manière criminelle (et les choses sont liées), découper le corps, séparer le sexe du tronc et de la tête, la réalité est têtue, et le corps est un, par nature. Et, dans la mesure où chaque sujet se vit dans une aperception représentative, subjective, intime, il faut considérer que «le» sexe est autant constitutif qu'intérieur au sujet, et que sa désignation, anatomico-sectaire, par la formule générique «le sexe» est, par essence, réductrice et donc, par la faute même de la réduction, mensongère, inadaptée. S'il s'agit de désigner autrement, c'est qu'il s'agit de substituer à la focalisation biologico-sémantique vide de toute pensée mais chargée d'un jugement de valeur implicite, une pensée de l'être-sexué enfin adaptée à la complexité vivante. Pour parvenir à établir les conditions de cette pensée, il faut, en bonne logique phénoménologique (7), décrire les états de l'être-sexué, et prendre en considération son environnement, ses dépendances et ses effets sur la globalité dont il est l'origine avérée et aveuglante. Qu'est-ce qui advient dans le moment de l'évènement extatique entre des sujets entrés dans une aura harmonique ? Pour l'un comme pour l'autre, une vibration devient perceptible, un rythme s'impose, et en bonne logique mathématique vitale, cette numération agréable accélère, c'est-à-dire écourte les espaces de reprise du souffle. La pression vibratoire est la source du plaisir dont l'apparition n'est pas systématique, selon l'état intérieur du corps-relatif. Si la volonté accompagne le phénomène, cette pression vibratoire est la source du plaisir, mais également sa condition sine qua non, et, dans la relation du corps extatique de l'une avec l'autre, dans l'amour lesbien, cette pression vibratoire a plus de valeur et de puissance parce que l'autre en est l'origine volontaire, alors que le corps-extatique solitaire peut s'auto-accomplir dans la vibration. C'est dire qu'une relation des corps-extatiques n'est pas «sexuelle», mais gestuelle, même si cette base vibratoire est indispensable à son accomplissement. L'amour humain, et particulièrement l'amour lesbien, n'est pas identifiable et réductif à une copulation organique, ce qui est le point de vue de jonction entre le christianisme et sa projection démoniaque, la «pornographie», dans un accord mutuel qui permet de considérer que ces prétendus contraires sont unis dans une perspective particulière et délirante, le christianisme-pornographile. Si le «phénomène érotique» (8) lie originalement une conjugaison vibratoire avec une action pointilleuse, précise, dans une construction mélodique, c'est donc que «le sexe» relève d'une combinatoire musicale pour laquelle les corps-extatiques sont à la fois instruments et joueurs de. Toutefois, l'essence de ce phénomène relationnel majeur est bien le son, un langage qui parle à l'ensemble des corps-extatiques reliés et à l'oreille interne. Car, privé de perception auditive et/ou visuelle, une telle relation reste possible pour des partenaires dans la mesure où les vibrations traversent la surface des chairs et atteignent le «cœur», l'entendement affectif. Dans l'amour lesbien, le ton dominant qui détermine le son émanant de l'une des deux amantes à l'attention de son aimée convient à ses choix harmoniques intérieurs : la voix la charme, les souffles et les râles l'enchantent, l'expression extatique la ravit, mais également le son des baisers, la fusion provisoire et répétée des bouches, ainsi que d'autres sons plus intimes parce que plus organiques. Enfin, il faut considérer et intégrer la et les conditions de possibilité de cette harmonisation sonore, par les actions et mouvements volontaires des corps-extatiques dans leur réciprocité. Car, du début à la fin de cette mobilisation totale des corps-extatiques dans la recherche de l'évènement extatique en tant que tel, ce sont ces actions et ces mouvements de l'une vers l'autre et réciproquement qui rendent possible, accentuent ou diminuent l'impact vibratoire. Et, au cœur de ce système de la volonté, il y a l'actrice principale : la main. Elle est le symbole de ce qui est visiblement invisible : unité divisée en cinq éléments, ce qui ne se montre pas peut la laisser inerte, ou mouvoir un élément (et la non-mobilité des quatre autres peut être aussi un mouvement), ou mouvoir deux éléments, séparément, ou l'un avec l'autre. La combinatoire à priori et à posteriori est ainsi au cœur du corps et de l'expression dont la séparation, manuelle-intellectuelle, typique de la logique sous influence chrétienne, n'a aucun sens concret. Dans l'amour lesbien, la main devient ce qu'elle est. Alors que dans le cadre de la relation du mâle et de la femme, la copulation peut synthétisée et aspirée l'ensemble de la relation, sans que les mains de l'un et de l'autre entrent nécessairement en jeu, la main devient la langue qui parle, comprend et se fait comprendre de l'aimée. Si la main doit en passer par une action sur la zone vibratoire par excellence, c'est qu'elle n'a pas le choix d'établir l'emplacement et les caractéristiques de cette zone. Autrement dit, la relation extatique n'est pas sexuelle, et l'ex-«le sexe» n'est pas un objet recherché en soi dont il y aurait un goût en tant que tel. Dès lors, et dans la mesure où il s'agit d'une partie qui n'a pas de sens intrinsèque et autonome, mais dont l'existence prend sens dans ses relations avec diverses autres parties, dans un même temps ou dans des temps différents, l'objet central du phénomène relationnel et vibratoire mérite d'être appelé et écrit, le s'ex, et cette désignation mérite d'être désormais systématiquement oubliée et remplacée par la formule suivante : la source vibratoire extatique. Puisque «les relations sexuelles» disparaissent avec «le sexe», l'amour lesbien peut être examiné dans l'espace de significations d'un type de relations complexes, techniques, créatrices et éthiques, c'est-à-dire (...)"
Le débat sur le forum d'Arrêt sur Images à propos de l'entretien avec Despentes.
Interview de Virginie Despentes - L'intégrale
envoyé par rue89. - Regardez plus de courts métrages.
Rédigé à 15:29 dans Interviews, Les films, Les livres, Les personnalités, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
L'ouvrage est actuellement publié ici, en attendant qu'une maison d'édition le publie. En attendant, une édition artisanale et de luxe, tirée à quelques centaines d'exemplaires, vous est proposée, par le biais d'une souscription. De quoi s'agit-il et comment procéder ? Il s'agit de réunir une somme comprise entre 3000 et 4000 euros. Comment ? Vous envoyez un don via Paypal, via votre propre compte Paypal, d'un montant égal ou supérieur à 30 euros. Tant que le montant total recherché compris entre 3000 et 4000 euros n'est pas atteint, la somme reçue n'est pas utilisée, et si ce montant n'est pas atteint d'ici un an (novembre 2011), il vous sera reversé sur le compte paypal par lequel vous aurez effectué le versement. Lorsque vous procédez au virement d'une somme à cette adresse (lesleslelivre arobase yahoo.fr) pour cet objet (souscription pour une édition artisanale et de luxe du livre "Les Lesbiennes, ces Fleurs du Bien"), vous devez aussi préciser clairement en sus de votre nom et prénom une adresse complète. En effet, toute personne qui aura effectuée une telle souscription recevra un exemplaire, numéroté et signé.
![]() |
Rédigé à 12:02 dans Les livres, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
Nous recherchons une maison d'édition japonaise pour la traduction de l'essai, "Les Lesbiennes, ces Fleurs du Bien", ou, de la part d'une personne qui connait bien le Japon, de conseils sur les maisons d'édition susceptibles de traduire un tel essai. D'avance, nous vous en remercions.
我々は日本の出版社を探します試みの翻訳(エッセイ)のために " レスビアン、良い(不動産)のこれらの花
Rédigé à 16:05 dans Les livres, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
Les commentaires récents