Un article de Libération :
'Alors, heureuses ? Si l’on ne peut que s’inquiéter que 48,8% affirment avoir un jour vécu, dans leur enfance, adolescence, âge adulte, une ou plusieurs émotions négatives intenses (peur, douleur, dégoût…) lors d’activités ou situations sexuelles, le fond de l’air est à davantage de légèreté. Aujourd’hui, à en croire l’enquête de Philippe Brenot, 60% des femmes se trouvent belles ; 67% se trouvent sensuelles ; 74% éprouvent facilement du désir et du plaisir, 32% n’hésitent pas à jouer avec un sextoy, 68% ont essayé la sodomie, qui fut une expérience positive pour 57% d’entre elles… Et elles ont désormais presque autant de partenaires que les hommes (en moyenne 10 dans une vie, contre 14 pour les hommes), quand en 1970 près de la moitié des femmes (46%) n’avaient connu qu’un seul homme : leur mari. Effeuillage sélectif.
Madame rêve…
«Mon fantasme ? Etre attachée et sans défense à la merci de mon homme» ; «j’aimerais que mon compagnon me réveille en pleine nuit pour me faire un cunnilingus ou l’amour» ; «l’un des plus fréquents fantasmes pour moi est celui d’une super soirée restau. Et au moment d’entrer dans notre appartement, il me plaque contre le mur et commence à me chauffer sans rien me dire. En gros, j’aimerais qu’il soit sauvage tout en restant doux.» Selon cette enquête, 71% des femmes confient avoir des fantasmes (27% jamais). Or, à en croire Philippe Brenot, «les fantasmes sont une source intérieure d’excitation certainement nécessaire à une libre sexualité». Mais si la liste de ces attentes imaginaires est longue, il est frappant de constater que l’un des premiers fantasmes rapportés par les femmes met en scène leur compagnon ou leur mari. Certes dans des comportements inhabituels, mais quand même. «Cela évite la culpabilité», décrypte Brenot. Mais les fantasmes de multipartenariat (une façon de jouer à «je te trompe mais tu es quand même là») ne sont pas loin, suivis par le saphisme : «J’aimerais une vraie scène d’amour, mais c’est souvent avec une femme que je l’imagine, car au moins, avec une femme, je sais comment recevoir et donner le plaisir.» Voilà pour les plus fréquents. Soumissions, masochisme, voyeurisme, etc., tous les goûts sont cependant dans la nature. Y compris féminine, ça va de soi.
Parfait les fantasmes, mais qu’est-ce qui réveille le désir tout court ? «Lui ! Tout simplement LUIIIII», déclare l’une des sondées. Oui, mais encore ? «Sa gentillesse et ses attentions», répond massivement le chœur des femmes (66%), «son odeur» (65%), «sa taille, son corps, ses muscles» (62%). «On note une intrusion particulière de l’odorat, qui joue aujourd’hui un rôle fondamental, car il participe au désir, mais aussi à l’inhibition des comportements : 25% des femmes disent être gênées et bloquées dans leur désir par des odeurs ou l’absence d’hygiène de leur partenaire», souligne le sexologue. Autres facteurs d’excitation, la voix (49%), l’humour (44%), etc. Et les poils, alors ? Si l’étude hommes a montré combien un homme est sensible à la façon dont sa compagne prend soin de son corps, et notamment à travers l’épilation, les femmes sont nettement plus partagées sur la pilosité masculine : 58% apprécient, 40% n’aiment pas. Elles sont en revanche majoritairement contre (65%) l’épilation du sexe masculin…
Les préliminaires ? Ça sert, disent-elles, à «préparer le terrain»,«à me préchauffer comme un diesel»,«à nous ouvrir l’appétit», «c’est comme un apéro avant le repas, on peut s’en passer, mais c’est toujours mieux avec…» Voilà en tout cas «une notion très récente, souligne Philippe Brenot. Elle date du milieu du XXe siècle, lorsque les premiers manuels de l’amour conjugal ont pu être diffusés». Il faut croire que l’histoire évolue dans le bon sens, puisqu’à la question «Avez-vous des préliminaires suffisamment longs ?» 70% des femmes répondent «oui». La durée moyenne des prémices ? Douze minutes (les hommes évoquaient, eux, quinze minutes, tiens, tiens…). Encore une évolution notable, selon le sexologue, 60% des femmes disent être plutôt actives lors des préliminaires et 67% ne pas ressentir de pudeur ou de gêne.
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