L'Islande est à l'honneur : de National Geographic, avec son mois de mai 2012 , et de cet article. L'Islande, dont la capitale est la plus au Nord de notre planète, est dirigée par une première Ministre, Johanna Sigurdardottir , ouvertement lesbienne, mariée. Et est-un hasard, ce pays, après avoir subi une crise financière créée par des hommes cupides, se redresse avec des femmes, après avoir vécu une processus politique original important (une Constituante).
"Une faillite de la gouvernance masculine
En janvier 2009, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir est devenue la première femme de l’histoire de l’île à endosser le rôle de Première ministre. Sans cacher son homosexualité. En trois années passées à la tête de l’exécutif, Johanna a surtout montré qu’elle sait tenir la barre. Avec fermeté, cette personnalité de gauche mariée à la poétesse Jonina Leosdottir a mis en œuvre des réformes sévères (amputation de 10% du budget de l’Etat) - au prix d’une baisse de popularité - tout en réussissant à sauver le système social de l’île. Depuis peu, l’Islande renoue avec la croissance. Avec elle, les femmes ont pris goût au devant de la scène. Seul le monde des affaires semble leur résister, et encore. Le 15 mars, Svana Helen Björnsdottir, 51 ans, a été propulsée à la tête de la Fédération des entreprises islandaises (le Medef local). «Sa nomination est un signal très fort, commente un attaché parlementaire. Cette fédération compte de puissantes industries dirigées depuis toujours par des hommes plutôt machos.» Svana est la première femme à accéder à ce poste. Ce n’est pas un hasard si ces figures féminines apparaissent dans la foulée de l’effondrement du système financier de l’île, en octobre 2008. Le krach, qui a balayé l’ancienne classe politique, a fait émerger l’idée d’une faillite de la gouvernance masculine. «Les femmes se sentent aujourd’hui capables de prendre des responsabilités à l’échelle de la société, comme si l’inconséquence des hommes avait eu raison de leurs complexes», note Hlin Agnarsdottir, dramaturge et féministe. Tout de suite après l’effondrement de 2008, des banquières avaient d’ailleurs donné de la voix. L’une d’elles, Margret Robertet, en charge d’Audur Capital, un fonds d’investissement prônant des placements «respectueux des valeurs féminines», déclarait en janvier 2009 : «Comme d’habitude, les hommes ont mis le bazar, et c’est à nous, les femmes, de tout nettoyer !» Sa réflexion pouvait faire sourire. Mais elle trouve un écho au Centre national pour l’égalité des genres, une institution en Islande. C’est écrit noir sur blanc dans son rapport sur les responsabilités dans l’engloutissement de l’économie de l’île : «Il est évident que les acteurs principaux de l’effondrement étaient des hommes. […] Le secteur financier était dominé par un petit groupe d’hommes très homogène, où les stéréotypes masculins et un certain discours culturel et social ont occulté et fait oublier la prudence dans les affaires.» Du coup, l’idée que le salut des entreprises passe par la prise en compte des points de vue féminins fait son chemin, promue avec force parle gouvernement de Johanna Sigurdardottir. Dès son arrivée, en janvier 2009, elle a imposé la parité dans son gouvernement : huit ministres, dont quatre femmes. Puis le Parlement a voté un nouveau train de mesures en faveur de l’égalité. Dont l’obligation pour toute entreprise de plus de 50 salariés de compter 40% de femmes aux postes de management à l’horizon 2013. Il a fallu se résoudre aux quotas. De fait, en Islande comme ailleurs, les postes stratégiques de l’économie restent à conquérir. Seuls 19% des managers islandais sont aujourd’hui des femmes, un chiffre qui tombe à 13% dans le secteur de la banque et des assurances.
«A compétence égale, salaire égal»

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