"C’est une belle femme qui parle de sexe avec une joie exubérante. Elle emploie volontairement des mots crus, lâchés avec volupté, comme si c’était une incroyable transgression. Odile Buisson, 54 ans, est gynécologue obstétricienne à Saint-Germain-en-Laye. Persuadée que le point G n’est pas «un mythe moderne», elle a réalisé, en 2009 et 2010, les premières échographies du clitoris, et même du coït, grâce à «un couple de soignants volontaires dévoués à la cause des femmes» (Libération du 13 juillet 2010).
L’anatomie féminine demeure peu explorée par la médecine et le plaisir des femmes tabou dans l’université française, déplore-t-elle avec beaucoup d’ardeur. Pourtant, «l’accès au septième ciel ne dépend pas de la seule qualité d’un amant». Démonstration dans un livre énergique (1).
Pourquoi ce livre, Qui a peur du point G?
J’ai eu envie de l’écrire après la polémique sur l’étude du King’s College de Londres qui dit que le point G n’existe pas. Pour vérifier une hypothèse génétique, les épidémiologistes ont sondé plus d’un millier de jumelles, âgées jusqu’à 83 ans, pour leur demander si elles «croyaient» avoir une zone «de la taille d’une pièce de 20 pence» sur la partie antérieure du vagin qui provoque un plaisir particulier quand elle est stimulée. Je critique leur méthode mais ils ont de bons attachés de presse, et la nouvelle a fait le tour du monde. J’étais très énervée, il fallait répliquer.
Qu’avez-vous mis en évidence avec vos échographies du clitoris?
Le clitoris est véritablement l’organe oublié! Il a fallu attendre 1998 pour en découvrir l’anatomie exacte, 2005 pour la première résonance magnétique nucléaire… Je me suis dit qu’on pourrait le cartographier, grâce à une échographie. J’ai travaillé avec Pierre Foldès, chirurgien spécialiste de la réparation du clitoris, notamment après une excision. Le clitoris n’est pas un petit bouton, c’est un organe bien plus large, constitué d’une double arche dont le sommet enserre la partie avant du vagin. L’échographie lors d’un coït a permis de visualiser les modifications anatomiques lors d’une pénétration vaginale. Le clitoris est alors comprimé contre la partie antérieure du vagin par les mouvements répétés du pénis. D’où la sensibilité particulière de cette zone.
Qu’avez-vous à dire sur le point G?
Je ne prétends pas avoir découvert tous ses mystères, mais je dis que les femmes qui pensent l’avoir trouvé ne sont pas des hystériques. Il y a une logique anatomique à cela. Il faut
Odile Buisson
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Réponse de Vincenzo Puppo à l’article de Odile Buisson: Point G est une fraude scientifique?
Le point G est une hypothèse et il n’y a pas d’évidence anatomique de l’orgasme vaginal, qui a été inventé par Freud en 1905 sans aucune base scientifique. Grafenberg, en 1950, n’a pas découvert de G-spot et il n’a pas parlé d’orgasme des glandes intra urétrales, en plus il n’y a pas d’image échographique ou d’image anatomique du point G (et la prostate féminine n’a pas une structure anatomique qui peut être responsable d’un orgasme). La zone hypothétiquement appelée point G ne devrait pas être appelée avec le nom de Grafenberg. L’anatomie vulvaire et des organes érectiles (trigger de l’orgasme) est décrite dans les texts d’anatomie. La vulve est l’ensemble des grandes lèvres et du vestibule, avec son appareil érectile: clitoris (gland; corps; racines: les racines sont la partie cachée du clitoris), bulbes vestibulaires et corps spongiosum, petites lèvres; ces structures sont localisées au dessous du diaphragme urogénitale, en face de la symphyse pubienne et dans la région antérieure périnéale [1].
Dr Odile Buisson présente des hypothèses pour expliquer d’autres hypothèses, ses conclusions qui n’ont pas de base scientifique, le clitoris n'est pas le point G et il n’écrit pas combien de femmes seraient celles avec le point G. Les racines du clitoris sont attachées aux branches ischiopubiennes et sont couvertes par les muscles ischiocarverneux, pour cela ils ne peuvent pas être en contact avec la parois antérieure vaginale: le vagin n’a pas de relation anatomique avec le clitoris. L’urètre périnéale féminine, située devant la paroi vaginale antérieure, est d’environ un centimètre de longueur et la zone du point G est dans la paroi pelvienne de l’urètre (avec une échographie il n’est pas possible de visualiser les glandes qui forment la prostate féminine), le pénis masculin ne peut être en contact avec le plexus veineux de Kobelt ou avec les racines du clitoris (qui n’ont pas de récepteurs sensitifs ni de sensibilité érogène) pendant le rapport sexuelles [2,3].
En conclusion, le point G n’existe pas: orgasme Clitoridien/vaginal/utérin, le point G/A/C/U sont des termes qui ne devraient pas être utilisés par les sexologues, les femmes et les média. Les femmes ont droit au plaisir sexuel: l’orgasme féminin est possible avec une stimulation efficace chez toutes les femmes en bon état de santé. Pour les femmes la stimulation clitoridienne est importante pour atteindre l’orgasme [1,3]: le clitoris existe chez toutes les femmes (i.e. 100%!), donc pourquoi ne pas le stimuler simplement pendant le rapport sexuel avec pénétration pénienne, même avec le doigt?
Gynécologues et les sexologues doivent diffuser des informations scientifiques pour les femmes, pas que d’hypothèses.
RÉFÉRENCES
[1] Puppo V. Embryology and anatomy of the vulva: the female orgasm and women's sexual health. Eur J Obstet Gynecol 2011; 154: 3-8.
[2] Buisson O. Le point G ou l’absence de médecine sexuelle feminine. Gynecol Obstet Fertil 2010;38,781-84.
[3] Puppo V. Le point G n’existe pas. Réponse de V. Puppo à l’article “O. Buisson. Le point G ou l’absence de médecine sexuelle féminine. Gynecol Obstet Fertil 2010;38,781-84”. Gynecol Obstet Fertil, acceptée le 16/02/2011: article sous presse.
Dr. Vincenzo Puppo
Médecin - Sexologue
Centro Italiano di Sessuologia (CIS), Italie.
Rédigé par : Vincenzo Puppo | 22/02/2011 à 12:24
Le point G, il y a ceux qui le cherchent, et il y a ceux qui l'ont trouvé !
Rédigé par : Christine Ooooohhhh ! | 12/09/2011 à 22:55